Les retards de paiement sont la principale cause de difficultés de trésorerie pour les artisans et PME du BTP. Pourtant, la loi vous protège — encore faut-il connaître vos droits et savoir comment les faire valoir.

Les délais légaux de paiement

La loi LME (Loi de Modernisation de l'Économie) de 2008 fixe des délais maximum entre professionnels :

SituationDélai maximum
Délai légal par défaut (B2B)30 jours après réception de la facture
Délai négocié entre parties60 jours date de facture maximum
Délai négocié (fin de mois)45 jours fin de mois maximum
Maître d'ouvrage public30 jours (collectivités locales : 50 jours)

Pour les particuliers : aucun délai légal n'est imposé, mais les conditions de paiement doivent figurer sur le devis. En pratique, il est courant de prévoir 30 jours maximum après réception des travaux.

Les pénalités de retard : un droit automatique

Dès le lendemain de la date d'échéance, vous avez le droit d'appliquer des pénalités de retard sans mise en demeure préalable. Elles sont calculées en pourcentage du montant TTC impayé :

En plus des pénalités, vous avez droit à une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € par facture en retard (entre professionnels).

La procédure de relance en 3 étapes

Étape 1 — La relance amiable

À l'échéance dépassée, envoyez d'abord un email ou un courrier courtois rappelant la facture impayée. La plupart des retards sont des oublis — une simple relance suffit souvent. Mentionnez le numéro de facture, le montant, la date d'échéance et les pénalités de retard applicables.

Étape 2 — La mise en demeure

Sans réponse sous 8-15 jours, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Cette mise en demeure formelle est indispensable avant toute action judiciaire. Elle doit mentionner :

Étape 3 — Le recouvrement judiciaire

Si la mise en demeure reste sans effet, vous disposez de plusieurs recours :

Prévenir plutôt que guérir

Les meilleures armes contre les impayés se mettent en place avant le chantier :

Statistique : 25 % des défaillances d'entreprises artisanales sont directement liées à des impayés. Un suivi rigoureux des encaissements n'est pas optionnel — c'est vital.